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Publié par Rassemblement citoyen Pour Boissy

L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action.
La situation est facile à résumer : près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de
relégation voire parfois, d’amnésie de la Nation réveillée de temps à autres par quelques
faits divers ; un effort public en berne ; des maires de banlieues qui se battent en première
ligne, qui craquent parfois et jettent l’éponge, des agents publics et des bénévoles épuisés.
Les causes sont connues : des grands ensembles impossibles construits sous l’influence
de la charte d’Athènes, enfermés sur eux-mêmes et enclavés, ne bénéficiant pas toujours
des fonctions d’une ville, parfois même hors ville, mais toujours de véritables cicatrices
urbaines. Construits rapidement, tous sur le même modèle, pour résorber la crise du logement,
ils ont en outre accueilli une immigration de travail transformée en immigration
familiale, sans que les moyens d’accueil et d’intégration n’aient été au rendez-vous. Dans le
même temps, les usines en proximité qui avaient justifié leur venue fermaient ; la pauvreté
concentrée ; le chômage de masse ; des familles parfois monoparentales ; une jeunesse
déracinée qui peine à faire sa place (500 000 jeunes soit plus de 50% des jeunes des quartiers).
L’archipel des 1500 quartiers de la politique de la ville (QPV), c’est l’équivalent de la population
cumulée des 10 premières villes de France. Parmi eux, 216 connaissent des difficultés
urbaines plus graves encore, 60 sont en risque de fracture et 15 en risque de rupture.
Mais c’est bien plus en réalité, car ce cumul de graves difficultés et leurs conséquences
impactent les quartiers populaires qui leur sont proches et se diffusent alentour, un alentour
culturel, géographique et générationnel.
Si on ajoute, les territoires ruraux délaissés et certaines villes ou bassins en grave déprise,
ainsi qu’une partie importante de nos territoires d’outre-mer, ce sont plus de 10 millions de
compatriotes qui sont éloignés du moteur de la réussite, n’ont pas les mêmes conditions de
départ, les mêmes services de base et donc la même chance de pouvoir, par leur effort et
leur mérite, construire un véritable avenir. Pour cette France, tout est plus dur.
C’est donc bien de la France, de son souffle, de son dynamisme, de sa croissance et de
sa cohésion qu’il s’agit, de notre propre regard sur notre société et notre conception de
l’égalité républicaine réelle.
L’autre France, active, conquérante, qui travaille dur, contribuant à nourrir la France, à produire,
à servir nos concitoyens, doit savoir que c’est l’absence de réponses à ces problèmes
qui crée inévitablement des dépenses cumulées de rattrapage social, les épuise en
partie et laisse chez eux parfois un sentiment d’incompréhension.
Il est clair que l’écart des chances d’avenir, selon les territoires, les origines sociales, la
géographie urbaine, ne cesse de croître. Cette situation ne sera pas tenable si nous renonçons
à intégrer dans le rêve français 10 millions d’âmes invisibles, une jeunesse lumineuse,
colorée et en quête de participation.
Nous sommes capables de traiter l’essentiel de ces problèmes en quittant les angoisses de
notre histoire, les dispositifs accumulés, entassés, sédimentés, inefficaces, contradictoires,
éparpillés, abandonnés où l’annonce du chiffre spectaculaire tient lieu de politique. Redevenons
une puissance d’actions, une grande puissance éducative, économique, scientifique,
républicaine, fraternelle, dans le respect des rêves et des différences de chacun, en faisant
coïncider notre grandeur avec le rêve républicain.
A défaut, fermenteront loin des yeux, le recroquevillement identitaire et le repli communautaire
si trop de concitoyens ont le sentiment de ne pas participer au rêve républicain.
Il ne s’agit plus de comprendre, d’expliquer, encore moins d’excuser. L’heure est à l’action.
Au nom de la solidarité nationale, et en raison de l’immense gâchis que représente pour
le pays cette jeunesse sacrifiée. Si les indicateurs sont dramatiques et scandaleux dans
un pays riche comme le nôtre, l’effort public est à notre portée, entrainant une dynamique
vertueuse !

Merci pour cet appel à la mobilisation

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